20.07.2017, 18:36  

Une montre connectée sans pile dessinée par un Loclois bientôt en vente

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La Sequent fonctionne grâce à de l'énergie fournie par le mouvement du porteur qui alimente une micro-génératrice

 20.07.2017, 18:36   Une montre connectée sans pile dessinée par un Loclois bientôt en vente

Horlogerie - Le designer loclois Adrian Buchmann participe au dernier projet de montre qui cartonne sur le site de financement participatif kickstarter. Une montre connectée qui fonctionne grâce au mouvement, comme les montres mécaniques automatiques.

Nouveauté dans le monde de l’horlogerie connectée. Il est maintenant possible de charger sa smartwatch simplement en bougeant. «Les gens ne veulent plus s’embêter avec des câbles et des chargeurs.» C’est le constat qu’a fait la marque de montre suisse Sequent et son designer Adrian Buchmann il y a trois ans, quand le marché des smartwatch a explosé.

Dans les années 90, les premières montres connectées permettaient uniquement...

Nouveauté dans le monde de l’horlogerie connectée. Il est maintenant possible de charger sa smartwatch simplement en bougeant. «Les gens ne veulent plus s’embêter avec des câbles et des chargeurs.» C’est le constat qu’a fait la marque de montre suisse Sequent et son designer Adrian Buchmann il y a trois ans, quand le marché des smartwatch a explosé.

Dans les années 90, les premières montres connectées permettaient uniquement de recevoir des messages comme sur un pager. Elles se sont maintenant transformées en véritables ordinateurs que l’on peut s’attacher au poignet. Ces technologies amènent à ses utilisateurs des solutions pour faciliter leur vie courante, mais un défaut persiste.

«C’est comme l’iPhone», explique Adrian Buchmann. «On peut faire beaucoup de choses avec, mais, comme on devient vite dépendant, on se retrouve à devoir le charger deux fois par jour.» Pour le designer originaire du Locle, le problème est particulièrement important pour les montres connectées. «Quand on a, au poignet, un objet connecté avec une batterie à plat, on a l’impression d’être débile.»

Le rotor qui se trouve à l'arrière de la montre ressemble à celui qui alimente les montres mécaniques automatiques.

Plus besoin de chargeur

Pour éviter ce problème de batterie, la marque a cherché d’autres solutions. Trois choix s’offraient à elle: l’énergie thermique, l’énergie solaire ou l’énergie mécanique. C’est vers cette dernière que les chercheurs se sont tournés. «L’énergie mécanique était la plus attractive. Il y a un côté magique», précise Adrian Buchmann. Les développeurs se sont alors inspirés d’une technologie apparue dans les années 80, l’autoquartz (voir ci-contre) qui permet aux montres à quartz de fonctionner sans pile.

Pour le designer, qui a travaillé dix ans dans une entreprise de conception de mouvements au Locle, même si les montres à quartz sont précises, elles manquent d’âme. «J’ai une fascination pour ce qu’il y a derrière. La curiosité qui nous fait ouvrir un capot de voiture pour voir comment ça fonctionne.» C’est dans les montres mécaniques qu’on retrouve cet esprit. Le projet a donc utilisé la technologie de l’autoquartz en y ajoutant une innovation maison.

La marque a travaillé sur cette technologie pour la développer et la mettre au goût du jour. L’idée est d’utiliser l’énergie cinétique – l’énergie qui vient du mouvement de l’utilisateur – pour la transformer en énergie électrique. Autrement dit, le porteur de la montre la charge simplement en bougeant dans son quotidien. La marque a déposé un brevet pour ce système de batterie qu’elle présente comme «une première mondiale».

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Economie d’énergie

Comment cette technologie arrive-t-elle à produire suffisamment d’énergie pour faire fonctionner une smartwatch? «Quand les gens pensent smartwatch, ils pensent à Apple. Notre approche est différente», répond Adrian Buchmann. En effet, la marque à la pomme utilise des éléments, comme son écran LCD, qui utilisent énormément d’énergie et qui ne peuvent pas être alimentés, pour le moment, avec cette nouvelle technologie. «On a calculé quelle quantité d’énergie on avait à disposition avec notre système, et quelles fonctions elle nous permettait d’intégrer à notre montre», continue le designer.

La marque a donc dû faire des choix, mais la montre aura tout de même plusieurs fonctions. A côté des notifications pour les appels et les messages reçus sur un smartphone, la montre permet, comme d’autres montres du même type, de compter ses pulsations, de contrôler ses efforts physiques grâce à une application, ou encore de surveiller son sommeil.

La montre sera assemblée à l'étranger. 

Une demande internationale

Pour financer son projet, Sequent a utilisé la plateforme de crowdfunding Kickstarter. Il lui fallait 80000 francs pour se lancer, mais le succès a été tel qu’en une semaine les dons se sont élevés à plus de 400000 francs. Les offres viennent d’un peu partout, mais elles sont très fortes en Europe, au Japon et à Singapour.

Cette innovation mondiale est suisse, mais elle ne sera pas produite au pays. «Notre entreprise est suisse et est basée en Suisse (à Lucerne), mais Taïwan est l’un des pôles technologiques les plus puissants au monde. C’est là-bas que les montres seront assemblées avec des composants venant d’un peu partout dans le monde», déclare le jeune designer. «Les clients qui ont précommandé sur la plateforme recevront les premiers montres en décembre 2017. Il faudra attendre l’année prochaine pour pour les trouver dans le commerce.» / AMANDINE ROSSET

Une histoire chaux-de-fonnière

Les montres autoquartz sont apparues dans les années 80. Elles ont été développées par la marque chaux-de-fonnière Jean d’Eve en collaboration avec l’entreprise Kinetron, qui élabore un microgénérateur éléctrique. Ces montres fonctionnent comme un mouvement à quartz, mais qui n’a plus besoin de pile.

Le mouvement à quartz est alimenté par un élément mécanique. Un mécanisme de recharge automatique tend le ressort de barillet et, quand il se détend, une mini-génératrice démarre convertissant l’énergie mécanique en énergie électrique.

Cette énergie est emmagasinée dans un accumulateur et le système se comporte ensuite comme une montre à quartz: le circuit intégré contrôle la distribution d’énergie et fournit les impulsions nécessaires à l’entraînement du moteur petit à petit.


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