23.08.2017, 00:01  

La cinéaste des héroïnes «inconscientes»

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 23.08.2017, 00:01   La cinéaste des héroïnes «inconscientes»

«LES PROIES» - Sofia Coppola filme un gynécée tourmenté par le désir charnel et reçoit le Prix de la mise en scène à Cannes.

Fille de l’auteur du «Parrain», Sofia Coppola s’est imposée comme la cinéaste des héroïnes «inconscientes», prisonnières du puritanisme et troublées par le désir, en passant derrière la caméra en 1999 avec «Virgin Suicides», où cinq sœurs «parfaites» se donnaient la mort. Après «Lost in Translation» avec une Scarlett Johansson, mélancolique, «Marie-Antoinette», adaptation pop de l’univers décadent de Versailles, «Somewhere»,...

Fille de l’auteur du «Parrain», Sofia Coppola s’est imposée comme la cinéaste des héroïnes «inconscientes», prisonnières du puritanisme et troublées par le désir, en passant derrière la caméra en 1999 avec «Virgin Suicides», où cinq sœurs «parfaites» se donnaient la mort. Après «Lost in Translation» avec une Scarlett Johansson, mélancolique, «Marie-Antoinette», adaptation pop de l’univers décadent de Versailles, «Somewhere», admirable requiem sur la filiation, et «The Bling Ring», portrait d’une génération déconnectée du réel, la réalisatrice a reçu le Prix de la mise en scène à Cannes pour «Les proies», son sixième long-métrage.

Tiré du roman homonyme de Thomas P. Cullinan, déjà adapté en 1971 par Don Siegel avec Clint Eastwood, «Les proies» concentre les questions maîtresses de l’œuvre de Sofia Coppola: l’enfermement, l’éveil aux sens et le désir contrarié par une éducation puritaine… En 1864 en Virginie, la guerre de Sécession touche à sa fin. Pensionnaire d’un internat pour jeunes filles, la petite Amy découvre dans le sous-bois un soldat nordiste grièvement blessé. Alors qu’elle devrait le livrer à l’armée sudiste, Martha, la très droite directrice de l’établissement, décide de l’héberger le temps qu’il guérisse. Seul face à ce groupe de femmes vêtues de blanc immaculé, «l’intrus» devient l’objet de toutes les convoitises!

Contrairement au classique de Siegel, dont elle se défend de faire le remake, Sofia Coppola utilise le dialogue pour faire naître la tension et fait de son intrus un homme faible, une proie, à l’inverse du personnage retors que jouait Clint Eastwood. Perçu d’un point de vue exclusivement féminin, «Les proies» plonge alors, à l’instar de «Virgin Suicides», au cœur d’un gynécée complexe, où le soldat déclenche les désirs et les extases des occupantes du pensionnat. Grâce à un tournage en lumière naturelle sur une pellicule 35mm, ainsi qu’à un sens de l’ellipse aussi discret qu’efficace, Sofia Coppola restitue l’envie de toucher et l’excitation intérieure de ses protagonistes, tout en accentuant leur enfermement au clair-obscur des bougies, puis leur libération... Un thriller diaphane avec des femmes rebelles! raphaël chevalley

INFO +

«Les proies», avec Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning, Colin Farrell… A l’affiche dès ce soir à La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel.


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