30.08.2017, 00:01  

«Le rapport aux animaux fait partie de ma vie»

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 30.08.2017, 00:01   «Le rapport aux animaux fait partie de ma vie»

«PETIT PAYSAN» - Présenté à Cannes, l’excellent premier film d’Hubert Charuel décrit la condition paysanne avec une force dramatique non dénuée d’humour…

Après avoir grandi à la ferme avec ses parents, Hubert Charuel a d’abord hésité à devenir vétérinaire avant de choisir la Fémis. Diplômé de cette prestigieuse école de cinéma, le jeune cinéaste a réalisé quelques courts métrages consacrés au monde rural, puis tourné «Petit paysan», son premier long métrage, présenté à la Semaine de la critique à Cannes. Rencontre.

Hubert...

Après avoir grandi à la ferme avec ses parents, Hubert Charuel a d’abord hésité à devenir vétérinaire avant de choisir la Fémis. Diplômé de cette prestigieuse école de cinéma, le jeune cinéaste a réalisé quelques courts métrages consacrés au monde rural, puis tourné «Petit paysan», son premier long métrage, présenté à la Semaine de la critique à Cannes. Rencontre.

Hubert Charuel, comment avez-vous eu l’idée de tourner cette fiction sur un paysan?

L’idée première était de parler de cet univers sur le mode de la fiction et du film de genre. On a fait un drame qui emprunte au thriller, parfois au fantastique, mais aussi à la comédie. Je voulais mélanger les genres au sein de cet univers particulier, en faisant en sorte que le monde agricole ne serve pas seulement de décor.

Comment la maladie contagieuse s’est-elle imposée?

La crise de la vache folle, puis celle de la fièvre aphteuse, ont marqué mon enfance. Quand on parlait de la vache folle avec les vétérinaires, ils nous disaient que personne ne comprenait cette maladie. Au début, il y avait une grande peur chez les paysans, qui redoutaient que la maladie n’arrive chez eux et signifie la fin de leur ferme. Le point de départ du film est là. Je me souviens avoir ressenti l’angoisse de mes parents enfler lorsque le premier cas de fièvre aphteuse a été détecté à 300, 100, puis 30 kilomètres.

Pourquoi ne pas avoir choisi la fièvre aphteuse ou la vache folle?

Parce que le sujet du film, c’est l’histoire d’amour entre un homme et ses animaux, du lien particulier qui s’établit dans le monde de l’élevage laitier. Quand on parle d’un troupeau abattu, ce ne sont pas juste des animaux qui meurent. Quand on n’arrive plus à subvenir à ses besoins, ce n’est pas juste un bâtiment qu’on ferme, c’est une sorte de fin du monde. Si on avait parlé de la fièvre aphteuse ou de la vache folle, ça nécessitait de faire un film qui se serait déroulé il y a vingt ans. Or je voulais parler du monde agricole aujourd’hui.

La fièvre hémorragique existe-t-elle bel et bien?

Avec Claude Le Pape, ma coscénariste, on a inventé cette maladie en piquant dans des maladies réelles. Le saignement du dos, par exemple, est une maladie génétique qui touche les veaux. Il nous fallait une maladie visuelle pour que le spectateur se rende compte que les vaches sont malades. Pour le principe de contamination, on s’est inspiré de la vache folle et de la fièvre aphteuse.

Vous êtes-vous documenté chez d’autres paysans?

Je ne me suis pas documenté sur le rapport aux animaux, puisqu’il fait partie de ma vie. Après, on a beaucoup parlé avec des vétérinaires de l’époque de la vache folle, du désarroi de certains paysans et du leur. On n’est pas humainement constitué pour abattre 150 bovins en une après-midi.

Quelle est la réaction des paysans lorsqu’ils voient le film?

C’est assez marrant parce qu’à chaque fois, ils me demandent si les gens comprennent, parce qu’il y a beaucoup d’éléments techniques. Beaucoup me remercient de montrer le métier et ce qui leur fait surtout plaisir, c’est qu’ils arrivent à croire aux gestes de Swann.

Drôle de fièvre

«Petit paysan» est un film certes dramatique, mais non dénué d’humour, qui frappe par l’exactitude de sa description du monde rural et de l’élevage laitier. Réalisé par Hubert Charuel, fils d’agriculteurs devenu réalisateur, ce premier long métrage aborde non seulement les liens profonds entre l’homme et l’animal, mais aussi la complexité des rapports de filiation lorsqu’un fils reprend l’exploitation agricole de ses parents…

Sous le regard de sa mère qui le surveille et aimerait le voir marié, Pierre (Swann Arlaud) s’occupe avec passion des vaches laitières qu’il a héritées. Obnubilé par les maladies contagieuses qui font la une des médias, il croit deviner que l’une de ses bêtes est atteinte de fièvre hémorragique et se demande comment stopper l’épidémie… Entre polar, romance, thriller et comédie, Hubert Charuel suit le quotidien exténuant de son personnage et le propulse dans une situation inextricable et tendue, qu’il désamorce en dosant savamment les respirations comiques!

de Hubert Charuel, avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners…

Durée: 1 h 30. Age légal/conseillé: 12/14


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