09.09.2017, 00:01  

Tout pour la musique. Et ça dure depuis 125 saisons!

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 09.09.2017, 00:01   Tout pour la musique. Et ça dure depuis 125 saisons!

LA CHAUX-DE-FONDS LA CHAUX-DE-FONDS - 125 ans déjà! La Société de musique promet une saison anniversaire à la mesure de l’événement.

A la pointe de toutes les modernités, La Chaux-de-Fonds s’est très tôt rêvée un destin de métropole culturelle. Le 18 janvier 1893, une poignée de mélomanes et musiciens passionnés créent la Société de musique. Georges-Albert Pantillon, violoniste virtuose, et Marie-Charlotte Jeanneret-Perret, musicienne également et mère de Le Corbusier, écrivirent les premières pages de l’histoire.

Quelque 125 ans plus tard, l’enthousiasme de ceux et celles qui portent la vénérable institution, est intact. En témoigne une saison...

A la pointe de toutes les modernités, La Chaux-de-Fonds s’est très tôt rêvée un destin de métropole culturelle. Le 18 janvier 1893, une poignée de mélomanes et musiciens passionnés créent la Société de musique. Georges-Albert Pantillon, violoniste virtuose, et Marie-Charlotte Jeanneret-Perret, musicienne également et mère de Le Corbusier, écrivirent les premières pages de l’histoire.

Quelque 125 ans plus tard, l’enthousiasme de ceux et celles qui portent la vénérable institution, est intact. En témoigne une saison anniversaire somptueuse, brillante. Morceaux choisis.

La saison s’ouvrira non pas avec un mais deux concerts événements: les 23 et 29 octobre. L’impressionnante Philharmonie tchèque donnera le coup d’envoi avec l’un des plus grands violoncellistes actuels, Truls Mork. Et c’est l’étoile montante Tomas Netopil, qui succède à l’emblématique chef Jiri Belohlavek, décédé en juin dernier. Programme 100% tchèque avec notamment la 8e Symphonie et le concerto pour violoncelle de Dvorak.

Le 29, place au concerto pour violon de Beethoven interprété par l’attachante norvégienne Vilde Frang et l’Orchestre de chambre de Bâle dirigé par le grand chef anglais Trevor Pinnock.

Pardon de sauter les étapes, mais le retour de Nathalie Stutzmann, le 20 mars, fait chaud au cœur. La magnifique contralto chantera des airs italiens du 18e siècle avec son orchestre Orfeo 55.

Autre adepte de la simplicité authentique, Francesco Piemontesi a choisi La Chaux-de-Fonds pour enregistrer les trois dernières sonates pour piano de Schubert. Le grand artiste donnera un récital le 18 février avec, à la clé, une soirée festive et la sortie d’une plaquette anniversaire.

A relever aussi la participation du trio Wanderer, fidèle parmi les fidèles, le 26 novembre et le concert de Noël, le 17 décembre, du Mendelssohn Kammerorchester de Leipzig.

Le quatuor allemand Auryn sera également de la fête le 10 novembre. L’ensemble à la discographie impressionnante, 40 ans de carrière, se réinvente avec le jeune Quatuor Hermès, vainqueur en 2012 des auditions «Young Concert Artists» de New York. Au programme l’Octuor en mi-bémol majeur de Mendelssohn et «La mort et la jeune fille» de Schubert.

«Non, la musique n’est pas un truc de vieux», martèle inlassablement l’équipe aux commandes de la Société de musique. De plus en plus de jeunes musiciens jouent en virtuose d’une image glamour, audacieux dans leur art, youtubeurs chevronnés. Telle la violoniste Vilde Frang accueillie en rock star par le public chaux-de-fonnier en 2014. Tel le pianiste coréen Seong-Jin Cho, à découvrir absolument le 4 mai. Tel l’extraordinaire duo piano – violoncelle formé d’Alexandre Tharaud et de Jean-Guihen Queyras, le 16 avril. Ou encore l’inventif David Greilsammer à la tête de la Geneva Camerata, le 11 mars. Et il viendra avec, devinez qui? Le beau Gautier Capuçon dans le concerto pour violoncelle d’Elgar.

Le grand frère, Renaud Capuçon, absent depuis 5 ans, se devait d’être là. Et ce sera avec la Camerata Salzburg lors du concert anniversaire du 28 janvier.

A l’image de tant d’autres, les célèbres frères sont restés fidèles à La Chaux-de-Fonds depuis leurs débuts. L’acoustique de la salle y est pour beaucoup, mais l’accueil toujours chaleureux et quelques mémorables soirées fondues bien arrosées, paraît-il, ont aussi servi de ciment à de belles amitiés. Car la longue histoire de la Société de musique relève d’une aventure artistique mais aussi et surtout, humaine.

les chemins de traverse

Série Parallèles: la série d’événements proposés dans de plus petites salles promet aussi de belles découvertes: le Cosmic Percussion Ensemble le 21 novembre; le pianiste Cristian Budu, vainqueur du Concours Clara Haskil 2013, le 3 février; Maté Szücs, premier alto solo de l’Orchestre philharmonique de Berlin, le 21 janvier; le duo Ariadita, le 3 décembre, sans oublier le Quintette Piazzolla formé par l’accordéoniste Serge Broillet et quatre autres enseignants du Conservatoire neuchâtelois, le 28 avril.

Infos pratiques Du 23 octobre au 4 mai. Grande Série: 11 concerts (abonnements de 250 fr. à 420 fr.). Séries Parallèles et Découverte: 5 concerts. Un concert d’orgue gratuit le 14 janvier. Places à 10 fr pour les étudiants et les moins de 16 ans. Billetterie: tél. 032 967 60 50, www.musiquecdf.ch

«C’est dans mon caractère de vouloir placer la barre toujours plus haut»

Enfant, il écoutait en boucle les concertos 2 et 4 de Beethoven; il chantait par cœur tout Brassens, Le Forestier et Moustaki et se mit passionnément au piano. Puis, il a fallu «apprendre un vrai métier» – ingénieur. Mais Frédéric Eggimann est vite revenu à ses premiers amours.

Administrateur de la Société de musique depuis 2010, le quadragénaire a fait le pari de redresser la barre de la vénérable institution alors menacée par l’érosion de ses membres. Le pari est aujourd’hui en passe d’être gagné grâce – et il insiste – à l’engagement de tout le comité. Mais ce passionné toujours en quête d’excellence sait les écueils multiples.

Comment fêter un anniversaire aussi impressionnant?

Placer la barre plus haut que la saison passée, cela veut dire quoi? Concrètement?

Du coup, comment viser encore plus haut la saison suivante?

L’une de vos préoccupations majeures a été le renouvellement du public. C’est gagné?

Cela donne quoi en chiffres?

Et qu’en est-il des 60% restant? Vous avez sans doute un budget spécial anniversaire?

La musique classique souffre encore d’une image guindée, sclérosée. A quand une communauté de blogueurs par exemple?

Bribes d’histoire

Premier concert au Temple Farel le 11 février 1893 avec l’Orchestre de Berne (photo: Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds)

50 centimes Prix du billet de concert en 1893. La cotisation annuelle coûte 5 fr.

320 fr. Déficit enregistré la première année, un gouffre.

Camille Saint-Saëns Les billets s’arrachent pour le concert d’orgue donné au Grand Temple, en 1896 par ce monstre sacré. Du coup, la société enregistre son premier bénéfice: 816 fr.

Rubinstein trop pressÉ «L’Impartial» du 8 décembre 1926 étripe l’immense pianiste qui «semblait ne demander qu’une chose, en finir au plus vite...»

MitigÉ En 1926, Clara Haskil plonge le public dans le bonheur. En 1931, le grand Enesco déçoit.

«Brahms ingurgitable» Tout en rendant hommage à l’interprétation d’Isaac Stern, dans «L’impartial» du 31 octobre 1951, le journaliste Jean-Marie Nussbaum «affronte avec un courage que nous avions bandé d’avance» la sonate en ré mineur de Brahms, «le type du faux chef-d’œuvre d’un faux génie.»

1955 Inauguration de la Salle de musique avec la 9e Symphonie de Beethoven dirigée par Schuricht. Et là, les critiques sont dithyrambiques.


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