23.08.2017, 15:25  

Crash au Soliat: "Je n'ai pas réussi à sauver les deux occupants"

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 23.08.2017, 15:25   Crash au Soliat: "Je n'ai pas réussi à sauver les deux occupants"

Creux-du-Van - L'ouvrier agricole qui est intervenu immédiatement après la chute d'un ULM mardi soir à quelques mètres de la terrasse du restaurant du Soliat, est encore bouleversé. Après avoir vidé trois extincteurs pour éteindre l'appareil en flamme, il n'a pu que constater que les deux passagers étaient décédés. Son témoignage.

La police n'hésite pas à parler de chance. L'appareil aurait pu s'écraser sur la terrasse qui, même si elle n'était pas bondée, était encore occupée par plusieurs clients. Georges Lozouet, chargé de communication à la Police neuchâteloise, rappelle qu'au début juillet, on avait déjà échappé à une catastrophe avec le crash d'un petit avion à moins de 100 mètres de la terrasse du restaurant Robinson à Colombier.

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D'après une employée du...

La police n'hésite pas à parler de chance. L'appareil aurait pu s'écraser sur la terrasse qui, même si elle n'était pas bondée, était encore occupée par plusieurs clients. Georges Lozouet, chargé de communication à la Police neuchâteloise, rappelle qu'au début juillet, on avait déjà échappé à une catastrophe avec le crash d'un petit avion à moins de 100 mètres de la terrasse du restaurant Robinson à Colombier.

>> A lire aussi: Deux morts dans un crash à Colombier (5 juillet 2017)

D'après une employée du restaurant du Soliat, les clients qui étaient mardi vers 20 heures sur la terrasse ont vu tout à coup un ULM, qui volait assez bas, toucher la cime d'un sapin proche du restaurant avant de s'écraser et de prendre feu dans le champ entre les arbres et la terrasse.

Les restes de l'appareil à quelques mètres de la terrasse du Soliat. Photo Police neuchâteloise

Avec trois extincteurs

Le propriétaire du restaurant du Soliat, Maximilien Sandoz, n’était pas sur place au moment du crash. En revanche, son ouvrier agricole, Yann, se trouvait sur son tracteur, non loin. "Il devait être 20h. Je suis arrivé sur les lieux une ou deux minutes après que le ULM se soit écrasé." 

Ni une ni deux, il est descendu de son véhicule et a demandé à son cousin de prendre les extincteurs dans le restaurant. "Mais je lui ai dit de ne pas s’approcher car il n’a que 17 ans." Yann se déclare par ailleurs stupéfait par la non-réaction de certaines personnes. "Je suis le seul qui a bougé." 

Tant bien que mal, il a essayé d’éteindre le feu à l’aide des trois extincteurs. "Malheureusement, les deux passagers étaient déjà décédés», confie Yann, bouleversé. Rapidement, il a été rejoint par les secours. "La police est restée toute la nuit", poursuit l’ouvrier agricole, qui salue le travail des agents. 

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Le lieu du crash à quelques dizaines de mètres du restaurant du Soliat. Google Earth

Un ULM pendulaire?

Dans la foulée, la police est rapidement arrivée sur le lieux ainsi que les pompiers du Service de défense incendie et des secours (SDIS) du Val-de-Travers et une ambulance du SMUR.

En ce qui concerne l'appareil, il semble qu'il s'agisse de ce que l'on appelle un ULM pendulaire à deux personnes, soit une aile delta à moteur. Des appareils dont l'utilisation n'est semble-t-il pas autorisée en Suisse, malgré la libéralisation des ULM annoncée par les autorités fédérales entre 2014 et 2015.

Mais la police neuchâteloise n'est pas encore parvenue à définir clairement le type de l'appareil car il n'en reste plus grand chose après l'incendie. Par ailleurs, il n'était pas immatriculé, indique la police neuchâteloise.

Du côté de l'Office fédéral de l'aviation civil (Ofac) à Berne, le porte-parole Antonello Laveglia précise qu'un appareil de ce genre avec un moteur à essence ne peut pas être immatriculé en Suisse. Et qu'à partir de là, un tel appareil n'est pas autorisé à survoler le territoire suisse.

Mais il relève aussi qu'il est difficile de faire la chasse à ce genre de survol, surtout dans les régions frontalières. L'Ofac a été contacté par le ministère public neuchâtelois au sujet de cet appareil et des investigations sont en cours pour définir son statut exact.

Quant à l'identification des deux victimes, elle est actuellement en cours.

Accident similaire en 2015

A partir du moment où ce genre d'appareil ne peut pas voler en Suisse, il se pourrait donc que l'appareil soit parti de France voisine. Il y a deux ans, un Vaudois de 62 ans avait perdu la vie en heurtant la face est du Moléson, dans le canton de Fribourg, à bord d'un ULM immatriculé en France et qui lui appartenait. L'appareil avait décolé d'Arc-sous-Cicon, une localité du Doubs entre Besançon et Pontarlier.

>> A lire aussi: Un homme perd la vie dans un accident d'ULM au Moléson

A l'époque, l'Office fédéral de l'aviation civile précisait que ce type d’ULM n’est en principe pas autorisé en Suisse, sauf dérogation spéciale. La nouvelle législation fédérale, entrée en vigueur le 1er juillet 2015, tolère ce type d’appareils, dits pendulaires, mais à condition qu'ils soient dotés d’un moteur électrique. Ce qui n'était pas le cas.

Un ULM pendulaire biplace, tel qu'on peut en trouver sur le marché français. 


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