07.09.2017, 00:01  

Genève reçoit les Géants

Abonnés
chargement
1/2  

 07.09.2017, 00:01   Genève reçoit les Géants

Plus de 700

«Quand la Grand-Mère a pris sa canne et s’est mise à marcher, je n’osais pas la regarder dans les yeux, j’étais foudroyé d’émotion.»

L’homme foudroyé, c’est Jean Liermier, metteur en scène, directeur du théâtre-atelier de Carouge. Depuis qu’il a vu les Géants de la compagnie Royal de luxe à Nantes en 2013, le Genevois a déplacé des montagnes pour les...

«Quand la Grand-Mère a pris sa canne et s’est mise à marcher, je n’osais pas la regarder dans les yeux, j’étais foudroyé d’émotion.»

L’homme foudroyé, c’est Jean Liermier, metteur en scène, directeur du théâtre-atelier de Carouge. Depuis qu’il a vu les Géants de la compagnie Royal de luxe à Nantes en 2013, le Genevois a déplacé des montagnes pour les faire venir dans sa ville du 29 septembre au 1er octobre. Entre 700 000 et 1 million de spectateurs, selon les organisateurs, sont attendus pour cette première suisse.

Accompagnée de 80 Lilliputiens, l’impressionnante Grand-Mère de 8 mètres de haut parcourra les rues avec sa grande petite-fille (la Petite Géante), 5 ans et déjà 800 kg de bois et d’acier.

Interrompu en pleine répétition vendredi dernier à Neuchâtel où il donnait un spectacle avec Brigitte Rosset, Jean Liermier ne s’est pourtant pas fait prier pour évoquer ces Titans qui ont déjà ensorcelé 22 millions de spectateurs de par le monde.

Décryptage d’un phénomène.

Rien n’est impossible aux Géants. C’est le branle-bas de combat pour les accueillir?

Jean Liermier: oui, tout est démesuré: la logistique, le budget (2,2 millions de francs). Mais la mobilisation est elle aussi gigantesque, les bénévoles viennent de toute la Suisse (réd: dont nombre de Neuchâtelois). Les Valaisans leur offrent des skis de 5 mètres de long, La Chaux-de-Fonds un nain (voir ci-contre), Bâle un Läckerli gargantuesque... La Suisse a tellement besoin d’un événement aussi fédérateur.

Comment expliquer cet extraordinaire engouement?

L’affiche du spectacle montre une petite fille et une Géante, yeux dans les yeux, avec derrière, un peu flou, le marionnettiste qui manipule la poupée. Tout est dans cette triangulation. On sait que ce n’est pas vrai, mais l’intensité du regard entre l’enfant et la Géante nous porte au-delà...

...Au-delà du théâtre?

Ah oui! Ce spectacle rassemble au-delà du théâtre, au-delà des générations, des cultures. C’est un geste politique au sens antique du terme, pour le bien de la cité. A Nantes, 250 000 personnes assistaient à la sieste de la Grand-Mère, 250 000 spectateurs, les yeux écarquillés, au bord des larmes parfois. Une marée humaine qui s’est mise à hurler de joie lorsque les Lilliputiens ont recouvert l’aïeule d’une couverture.

Pour un bout de tissu jeté sur une poupée?

Incroyable! Mais il faut voir la grâce de cette grand-maman, la puissance de son regard, la dextérité des Lilliputiens qui se jettent en l’air pour faire contre poids et articuler ses membres. La tendresse dont cette vieille dame est l’objet touche quelque chose de profond en nous. Le fait que ça se passe dans la rue change aussi le rapport au spectacle. On est tous avec ces géants, tellement humains. Créer de la vérité avec l’artifice du théâtre, n’est-ce pas le paradoxe après lequel nous courons tous?

Cette saga née en 1993 arrive-t-elle encore à se renouveler?

Les histoires contées par les Géants sont à chaque fois différentes. Pour Genève, Jean-Luc Courcoult (réd: metteur en scène et fondateur de Royal de luxe)s’est beaucoup intéressé à l’histoire locale, à l’horlogerie, à l’accélérateur de particules du CERN. Il invente une mythologie contemporaine qui parle à tous, c’est cela l’universalité de l’art.

Une saga au secret bien gardé

Le mystère demeure autour de l’épisode genevois. De passage à Genève mardi, l’ébouriffant Jean-Luc Courcoult, metteur en scène et âme de la compagnie Royal de Luxe, s’est contenté de quelques indices: la chute d’une météorite propre à dérégler tous les garde-temps de la cité et une fourchette maousse fichée dans une voiture par Gargantua. La Grand-Mère et sa petite-fille seront en bonne compagnie avec le héros de Rabelais qui creusait dans le lac Léman pour étancher sa soif, créant ainsi le «Ça lève» avec les monceaux de terre.

INFO +

Genève: les 27 – 28 septembre, BFM (Bâtiment des forces motrices), arrivée et sieste de la Grand-Mère (elle vient de loin). 29: arrivée de la Petite Géante dans un container lâché sur Carouge et réveil de la Grand-Mère au BFM. 29-30: entrée en scène dans la rade d’un mystérieux Chevalier du temps et c’est parti pour une parade poétique de deux jours selon un parcours encore confidentiel. Spectacle gratuit. www.lesgeants-genève.ch, www.geneve-parking.ch/fr/lesgeants, www.cff/geants


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top