11.09.2017, 00:01  

L’amour du livre ne s’est pas noyé

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 11.09.2017, 00:01   L’amour du livre ne s’est pas noyé

LE LOCLE - La fête des bouquins a résisté aux nuages pour finir sous le soleil.

«Là où on brûle un livre, on finira par brûler un homme» lançait le président de la Ville, Cédric Dupraz, en citant Heinrich Heine, samedi matin à la Foire du livre du Locle. Une manifestation «qui participe à chasser l’obscurantisme, à transmettre la lumière». Le livre vivra. Un vibrant hommage lui a été rendu par Louis-Georges Gasser, un Louis-Georges...

«Là où on brûle un livre, on finira par brûler un homme» lançait le président de la Ville, Cédric Dupraz, en citant Heinrich Heine, samedi matin à la Foire du livre du Locle. Une manifestation «qui participe à chasser l’obscurantisme, à transmettre la lumière». Le livre vivra. Un vibrant hommage lui a été rendu par Louis-Georges Gasser, un Louis-Georges qui par ailleurs a remis les rênes de la direction des Editions G d’Encre à sa collaboratrice Séverine Dick.

Le livre papier plutôt que le numérique, pourquoi? Parce que c’est un objet réel. On peut même en déchirer les pages ou les corner. Il vieillit, il peut devenir une œuvre d’art, comme en témoignent les superbes reliures qu’on trouve dans les bibliothèques. Et puis, quand on lit sur papier, on zappe moins, on est concentré. Et on peut le reprendre dans vingt ans. «Je n’ai pas à savoir si ma mémoire vive a changé, si j’ai fait une mise à jour sur mes nuages iCloud...» Enfin, on peut se le passer de génération en génération.

Cet amour des livres, nous l’avons vu tous azimuts parmi les stands, dont celui de l’association Lire et faire lire.

Seaux d’eau

Certes, cette 16e Foire n’a pas été bénie par les cieux. Ce record de stands qu’on s’attendait à voir pulvérisé n’a pas tenu ses promesses. Le samedi, journée phare de la foire a débuté par des seaux d’eau, puis ça ne s’est guère arrangé. Donc, ce manque d’affluence, «c’est logique, avec cette météo», commentait, philosophe, Pierre-Yves Eschler, du comité d’organisation. Pour lui aussi, le livre papier a toute sa raison d’être. «Et des gens qui lisent des livres sur tablette, franchement, j’en vois peu». Par contre, il voit du monde, des jeunes aussi, qui lisent de vrais livres dans les transports publics.

Quant à cette foire, «les gens qui y viennent, en principe ce sont des intellectuels, entre guillemets», juge Eric, un amateur qui aime bien l’ambiance. «C’est sympa, c’est un autre genre de manif que la Braderie ou la Fête des vendanges, et on rencontre d’autres gens». Lire, c’est estimé comme une perte de temps? «C’est surtout une perte de repères. Ces gens vivent au rythme de la société, qui est superficielle, qui veut toujours aller plus vite». Pierre-Yves renchérit: «Le livre ne supporte pas la rapidité et permet la réflexion».

Hier en fin d’après-midi, Louis-Georges Gasser était content. «On termine sous le soleil!» Un couac quand même: l’éditeur des Editions parisiennes 7 Ecrit ne s’est pas déplacé, comme c’était pourtant prévu, au grand dam des auteurs et des organisateurs de la foire. «Nous sommes très déçus».

Il y a eu moins de public samedi, mais «heureusement que le vendredi et cette journée de dimanche, nous avons pu nous rattraper». En bref, «c’est à renouveler l’an prochain».

Le prix gasser

Le Prix Gasser 2017 a été remis à François Hainard, professeur de sociologie à la retraite, président du Club 44, vivant à La Chaux-de-Fonds et originaire de la vallée de La Brévine. pour son premier roman, «Le vent et le silence». Il paraîtra le 20 novembre aux Editions G d’Encre. L’histoire commence en 1944, dans la vallée de La Brévine, «une histoire vraie», confiait François Hainard. Ce sont deux jeunes qui s’aiment. Elle est de La Brévine, elle est protestante, elle a 15 ans. Il est Tessinois, catholique, il a 22 ans. «En 1944, si un catholique et une protestante s’aimaient, c’est comme si un juif et un musulman s’aiment. La méfiance de l’autre reste importante...» François Hainard évoquait cet enfermement de la vallée de La Brévine, tout près de la frontière, et surtout l’absence de communication. Jamais on ne voyait les parents s’embrasser. «C’est cela que j’aimerais faire passer: l’importance de se parler, de communiquer. J’ai redécouvert cette histoire en 2010 lors d’un vernissage de Lermite, à travers «Le calvaire» qui retrace cet événement. Je me suis demandé comment, à moi enfant de paysan de La Brévine,on ne m’en avait jamais parlé. Ce livre voudrait casser ce silence».


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