12.09.2017, 00:01  

Une école arménienne toute neuve

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C’était le 3septembre dans les locaux de Recif. La première leçon inaugurale, avec les deux enseignantes en arrière-fond, avait tout l’air de brancher ces premiers élèves.

 12.09.2017, 00:01   Une école arménienne toute neuve

LA CHAUX-DE-FONDS - Destinée aux jeunes des cantons de Neuchâtel, Berne et Jura, une école offrant aux enfants d’origine arménienne des cours de langue et de culture vient de s’ouvrir à Recif.

C’est une première dans le canton de Neuchâtel. Une école arménienne vient de s’installer dans des locaux de Recif, à La Chaux-de-Fonds. Elle s’adresse aux enfants d’origine arménienne des cantons de Neuchâtel, Jura et Berne. Elle leur propose des cours de langue et de civilisation arméniennes, le dimanche de 14 à 17 heures. La leçon inaugurale a eu...

C’est une première dans le canton de Neuchâtel. Une école arménienne vient de s’installer dans des locaux de Recif, à La Chaux-de-Fonds. Elle s’adresse aux enfants d’origine arménienne des cantons de Neuchâtel, Jura et Berne. Elle leur propose des cours de langue et de civilisation arméniennes, le dimanche de 14 à 17 heures. La leçon inaugurale a eu lieu le 3 septembre. Une quinzaine d’élèves sont inscrits.

«Quand je dis que je suis Arménienne, certaines personnes sont étonnées. Elles ne pensaient pas qu’il y avait des Arméniens ici!» Edita Garabekyan, enseignante de formation spécialisée en psychologie et pédagogie des enfants en âge préscolaire est née à Vanadzor, troisième ville d’Arménie. Elle est arrivée à La Chaux-de-Fonds il y a six ans. Elle parle l’arménien, le russe, l’anglais et le français. Et ambitionne d’apprendre le chinois! Elle participe d’ailleurs au Café des langues développé par la Brenassière espérantiste Mireille Grosjean.

Edita est l’initiatrice, fondatrice et coordinatrice de l’association Moush, «Mayreni Ousoucman Shem» en arménien, soit «Apprentissage de la langue maternelle».

Ce projet a obtenu le soutien du ministère de la Diaspora à Erevan, qui a envoyé tout le matériel pédagogique nécessaire. De leur côté, les parents des élèves inscrits s’acquittent d’une modeste contribution financière. «L’Arménie compte trois millions d’habitants et la diaspora, de huit à neuf millions» explique Edita. «C’est génial! Ce ministère, c’est notre soutien le plus important!» Elle salue aussi le soutien de Recif (elle y est bénévole): «S’ils ne nous avaient pas mis des locaux à disposition, nous n’aurions pas pu créer cette école».

Concrètement, des cours sont dispensés dans deux classes par deux enseignantes qui étudient à l’Université de Neuchâtel: Zaruhi Khachatryan et Zhanna Petrossian.

La première classe, pour les élèves dès 6 ans, est dédiée à l’alphabétisation. Langue indo-européenne, l’arménien comprend un alphabet de 39 lettres, sans rien de commun avec l’alphabet latin! La deuxième classe, pour les petits de 3 à 6 ans, prévoit des jeux et autres activités, «un peu comme un jardin d’enfants, pour créer des contacts entre enfants, qu’ils jouent ensemble, parlent ensemble... Et ils apprennent vite!»

Mais ne parlent-ils pas l’arménien à la maison? «Les parents parlent arménien, puis les enfants répondent en français! Enfin, pas dans tous les cas. Les connaissances linguistiques sont très variables».

«Un facteur de réussite scolaire»

L’idée de créer une école, «je l’ai toujours eue», confie Edita. En Suisse romande, une école arménienne existe à Genève uniquement, et comme les cours ont lieu le mercredi, «c’est compliqué pour les parents».

Edita a discuté de ce projet au sein de la communauté arménienne neuchâteloise. «Nous ne sommes pas beaucoup» (réd: au recensement fin 2016, il y avait 42 personnes arméniennes dans le canton, sans compter les doubles nationaux et les naturalisés). «Mais nous avons pensé à créer déjà quelque chose pour faire le lien entre les gens».

Le bilinguisme soutenu par de tels cours «est un facteur de réussite scolaire», commente encore Edita. «Selon les études du professeur Bernard Py, effectuées dans le cadre du Fonds national suisse de la recherche scientifique, les enfants bilingues qui bénéficient d’un enseignement de leur langue d’origine ont un taux de redoublement inférieur à celui des enfants monolingues».

Et puis, «avec la langue, on apprend la culture. Ces enfants vont peut-être donner de nouvelles idées dans quelques années, sur ce qu’il faut changer en Arménie... C’est mon espoir: qu’ils contribuent à changer les choses».

INFO +

Plus de renseignements sur:

Recif, rue du Doubs 32 à La Chaux-de-Fonds, école arménienne le dimanche de 14h à 17h. Inscriptions encore possibles jusqu’en octobre. Sinon, il est possible de s’inscrire déjà pour l’année prochaine. Adresse courriel: moush.association@gmail.com

Entre le Bas et le Haut

C’est à Genève que les Arméniens de Suisse romande organisent des concerts, des soirées, diverses activités. Genève dispose d’une église et d’une école arméniennes. Dans le canton de Neuchâtel, c’est au temple protestant de Cornaux que la communauté célèbre ses offices, chaque troisième dimanche du mois à 15 heures. «Nous sommes apostoliques orthodoxes, mais c’est ouvert à tous», souligne Edita Garabekyan.


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