10.09.2017, 18:15  

A la découverte de la discrète loge maçonnique de Fleurier

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L'entrée de la maison bâtie par les francs-maçons de Fleurier. On y distingue plusieurs symboles juste au dessus de la porte d'entrée.

 10.09.2017, 18:15   A la découverte de la discrète loge maçonnique de Fleurier

Journées du patrimoine - La loge Egalité, à Fleurier, a ouvert ses portes au public ce week-end, à l'occasion des Journées du patrimoine.

Après avoir pris un escalier à colimaçon, on passe sous un fronton marqué des mots paix, union et charité. Devant nous, quatre pupitres se dressent au milieu de rangées latérales de fauteuils. Puis une estrade où trône un nouveau pupitre, marqué de l’équerre et du compas. Bienvenue au temple maçonnique de Fleurier.

"C’est un endroit qui n’est pas religieux, mais où la spiritualité règne", explique le vénérable maître en chaire – le plus haut gradé des...

Après avoir pris un escalier à colimaçon, on passe sous un fronton marqué des mots paix, union et charité. Devant nous, quatre pupitres se dressent au milieu de rangées latérales de fauteuils. Puis une estrade où trône un nouveau pupitre, marqué de l’équerre et du compas. Bienvenue au temple maçonnique de Fleurier.

"C’est un endroit qui n’est pas religieux, mais où la spiritualité règne", explique le vénérable maître en chaire – le plus haut gradé des frères – au public venu visiter ces lieux. A l’occasion des Journées du patrimoine, la loge maçonnique Egalité ouvrait les portes de ses locaux sis rue de la Place-d’Armes, face au collège de Longereuse. Et ce, pour la seconde fois de toute son histoire.

Une vue du temple de la loge Egalité, avec, au fond, le siège du Vénérable maître en chaire.

Si dans les années 1990, seules quatre personnes étaient venues visiter la bâtisse, ce nombre a été pulvérisé dès la première visite de samedi, pour dépasser la centaine sur le week-end. Des curieux surtout, venus découvrir un monde discret.

Construite en 1877 directement par les frères – la loge a été créée en 1852 à Môtiers, dans les locaux actuels de Mauler –, la bâtisse aux allures de maison de maître accueille une salle de banquet au rez, ainsi qu’un appartement. A l’étage, une salle dite du collège permet aux frères de vêtir leurs sautoirs et tabliers de francs-maçons, avant d’entrer dans le temple. Aux murs et sur la table, des lettres, des affiches et toujours de nombreux symboles maçonniques, damier, équerre,...

"Perfectionnement moral"

Un autre symbole image bien le but recherché par les frères de la loge: une pierre brute prête à être taillée. "On s’occupe de perfectionnement moral. Comme avec la pierre, on dégrossit l’âme du maçon", indique le vénérable. Chaque réunion voit l’un des compagnons ou des maîtres présenter un sujet, maçonnique ou non. Un exemple demandé par une visiteuse? "Nous avons récemment parlé du changement climatique ou de Casanova, un maçon célèbre et sulfureux. Nous travaillons beaucoup sur la liberté, la justesse et l’amour."

L'équerre et le compas, juste sous le Chapeau de Napoléon.

Les frères de la loge Egalité se réunissent deux fois par mois. Ils sont aujourd’hui une vingtaine d’apprentis, de compagnons et de maîtres à fréquenter la loge de Fleurier. Curieusement, un seul est Vallonnier et un second Neuchâtelois. La plupart des autres viennent du Nord-Vaudois. "Notre loge a connu des difficultés dans les années 1970. D’autres loges ont alors beaucoup aidé, notamment des loges vaudoises", explique le Vénérable.

Cela va mieux depuis quelques années, puisque la maison a pu être en partie refaite dans les années 2000, notamment grâce à la vente d’une série spéciale de montres créées par un frère horloger. Le reste a été fait par les cotisations des frères, "comme dans pas mal d’autres associations", glisse l’un des frères.

Des visiteurs partout

"Nous avons compté environ 3400 visiteurs sur les deux jours, pour l’entier des sites.» A l’heure du bilan, le conservateur cantonal Jacques Bujard est satisfait de l’édition 2017 des Journées du patrimoine. "Les loges maçonniques, surtout celle de La Chaux-de-Fonds, ont attiré du monde, tout comme Valangin ou la Collégiale."

"Il y avait beaucoup de gens relativement jeunes. On a senti un joli renouvellement du public", estime-t-il, après avoir mené des visites de la Collégiale. "Nous avons eu beaucoup de questions sur les découvertes archéologiques ou sur l’aspect qu’elle aura à la fin des travaux de restauration." 


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