30.08.2017, 18:35  

Le Tribunal cantonal neuchâtelois chasse les yourtes du Soliat

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Les yourtes sont montées sur le parking du Soliat depuis 2015. Elles devront disparaître avant le 15 septembre prochain.

 30.08.2017, 18:35   Le Tribunal cantonal neuchâtelois chasse les yourtes du Soliat

Creux-du-Van - Pro Natura et le WWF ont gagné leur recours contre l'Etat au sujet des yourtes du Soliat. Les tentes devront être démontées d'ici la mi-septembre.

Les yourtes du Soliat doivent disparaître. Le Tribunal cantonal a rendu un jugement catégorique à leur sujet. En date du 16 juin dernier, la Cour de droit public a en effet validé le recours du WWF et de Pro Natura. Elle déboute ainsi l’exploitant, mais aussi la commune de Val-de-Travers et surtout l’Etat de Neuchâtel, qui avaient permis une implantation temporaire pour ces...

Les yourtes du Soliat doivent disparaître. Le Tribunal cantonal a rendu un jugement catégorique à leur sujet. En date du 16 juin dernier, la Cour de droit public a en effet validé le recours du WWF et de Pro Natura. Elle déboute ainsi l’exploitant, mais aussi la commune de Val-de-Travers et surtout l’Etat de Neuchâtel, qui avaient permis une implantation temporaire pour ces hébergements. 

Installées sans autorisation en 2014, les yourtes avaient par la suite fait l’objet d’une décision spéciale du Département du développement territorial et de l’environnement. Mais aujourd’hui, "le jugement a débouté l’Etat sur toute la ligne", remarque Yvan Matthey, chargé de mission pour Pro Natura.

>> A lire: "Les yourtes de trop dans le décor?"

Le département avait levé les oppositions

D’abord installées en direction du Creux-du-Van, ces tentes avaient, sur injonction des autorités, été déplacées sur le parking, tout en faisant l’objet d’une mise en conformité. Si les ONG de protection de la nature se sont opposés au permis de construire, les services de Laurent Favre avaient levé les oppositions, au vu notamment de la saturation actuelle des bâtiments. "Il nous paraissait proportionné de limiter l’installation extérieure à 100 m2", commente le conseiller d’Etat.

Or, comme le remarquent Sylvie Barbalat et Yvan Matthey, représentants respectivement du WWF et de ProNatura, les juges ont retenu non seulement qu’aucune exception comme le besoin d’hébergement pour touristes ou employés sur le site ne pouvait justifier une exception à la loi sur l’aménagement du territoire. Mais aussi qu’un intérêt prépondérant s’oppose à ces constructions – mêmes temporaires –, à savoir la protection de la nature.

"Plusieurs couches de protection – décret de 1966 sur les crêtes, zone de protection communale, inventaire des sites à mettre sous protection, inventaire fédéral du paysage – témoignent de l’importance du site du Creux-du-Van", indique Sylvie Barbalat, y compris pour la zone du Soliat, située hors de la réserve naturelle.

Les yourtes, photographiées à l'été 2016. (Archives Lucas Vuitel)

"Nous avions une certaine souplesse, que le Tribunal a consideré comme trop forte. On en prend donc acte", continue Laurent Favre. Dès lors, l’Etat, qui n’a pas fait recours, a intimé à l’exploitant Maximilien Sandoz et à son représentant de retirer ses tentes pour le 14 juillet dernier, avant que ces derniers ne demandent un délai. "Nous leur avons ainsi posé un ultimatum au 15 septembre pour démonter les yourtes", indique le conseiller d’Etat. "Si cela n’est pas fait, nous pourrons alors agir par substitution."

Une influence sur le plan d'affectation

Toutefois, la date du 15 septembre pourrait ne pas marquer la fin du feuilleton des yourtes. Maximilien Sandoz souhaiterait porter le dossier devant une instance supérieure afin de pouvoir garder ce mode d’hébergement sur le site. "A l’époque d’Enjoy Creux-du-Van, on parlait de construire un village de yourtes. On est en train de rater l’occasion de faire quelque chose de bien. On ferme tout, c’est un emploi qui passe à la trappe", estime le responsable du Soliat.

Cependant, le tenancier n’étant que tiers intéressé dans ladite procédure, un simple recours pourrait ne pas être recevable. Son avocat Jean-Daniel Kramer, injoignable ce mercredi, n’a pu nous renseigner sur la suite de l’affaire.

Ce jugement intervient alors que le restaurateur est dans le collimateur du syndicat Unia quant aux conditions de travail de ses employés, mais aussi et surtout au moment où le canton est en pleine préparation du Plan d’affectation du Creux-du-Van, qui devra régler la gestion du site entre nature, tourisme et agriculture. "La jurisprudence du tribunal a naturellement une influence sur le plan d’affectation cantonal", conclut Laurent Favre. 

L'intransigeance face à l'urgence

"Notre discours n’est pas toujours facile à faire comprendre. Mais l’enjeu est tel au niveau de la dégradation de la flore au Creux-du-Van qu’on en devient un peu intransigeants en demandant des mesures de conservation urgentes." Pour Sylvie Barbalat et Yvan Matthey, représentant du WWF et de Pro Natura, leur combat pour la préservation du site est plus que jamais de première importance.

Si aujoud’hui le PAC – qui englobera le secteur du Soliat – n’est pas encore mis en oeuvre, le terrain du Soliat, même privé, fait déjà partie de la zone que l'Etat entend mettre sous protection. "Nous intervenons déjà pour tenter de stopper la dégradation de la flore, afin qu'elle ait encore une chance de se régénérer dans le futur", indique Sylvie Barbalat. Qui remarque, avec son collègue, que le parking du Soliat a doublé de surface depuis 2006, sans aucun permis de construire à nouveau.


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