Le Chant du Gros
 08.09.2017, 00:01  

Matmatah revient au Noirmont

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Tristan Nihouarn, Benoît Fournier, Eric Digaire et Emmanuel Baroux (de gauche à droite) montent ce soir sur la Sainte scène.

 08.09.2017, 00:01   Matmatah revient au Noirmont

CHANT DU GROS - Après neuf ans d’absence, le groupe breton a décidé de reprendre la route et de sortir un nouveau disque, intitulé «Plates coutures».

«Si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à Lambé!» C’est en 1997 que cette chanson, simple et efficace, débarque sur les ondes et propulse d’un coup Matmatah sur le devant de la scène rock celtique française. Vendu à plus de 300 000 exemplaires, ce single colle toujours à la peau du groupe breton. Même si le côté celtique «est davantage une épice dans la musique de Matmatah que le plat...

«Si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à Lambé!» C’est en 1997 que cette chanson, simple et efficace, débarque sur les ondes et propulse d’un coup Matmatah sur le devant de la scène rock celtique française. Vendu à plus de 300 000 exemplaires, ce single colle toujours à la peau du groupe breton. Même si le côté celtique «est davantage une épice dans la musique de Matmatah que le plat principal. On est avant tout un groupe de rock», estime le chanteur et guitariste Tristan Nihouarn, dit Stan. Après un premier concert remarqué au Noirmont en 2007, Matmatah se produira une nouvelle fois ce soir, à 18h30 sur la Sainte scène.

Fondé à Brest en 1995, Matmatah sort quatre disques, avec des textes en français mais très influencés par le rock anglo-saxon des seventies, avant de se séparer en 2008. Après neuf ans d’absence, ils reprennent du service cette année, le guitariste Manu Baroux remplaçant le six-cordiste original de la formation, Sammy.

Immédiatement, les dates de Matmatah affichent complet. «On ne sait pas trop pourquoi, c’était une surprise», reconnaît Tristan Nihouarn. Autre bonne surprise: les fans de la première heure sont toujours là, mais des jeunes de 15 ou 20 ans sont eux aussi séduits par la musique du groupe.

Comme les Bretons tiennent à remonter sur scène avec de nouvelles chansons, ils enregistrent également un album, intitulé «Plates coutures». «Clandestinement», car ils veulent éviter de se mettre trop de pression. «On a menti comme des arracheurs de dents à notre entourage pendant de longs mois», rigole Tristan Nihouarn. «Les gens s’étonnaient de nous voir tout le temps ensemble, certains se doutaient sûrement de quelque chose. Quand on a finalement annoncé sa sortie, on était déjà en train de le mixer.»

Pour se mettre en condition avant d’entrer en studio, le groupe est d’abord parti une semaine au Maroc, avec des guitares acoustiques. «On a commencé à passer du temps ensemble. Car pour avoir quelque chose à raconter, il faut d’abord vivre des choses.» L’album est enregistré au nord de l’Angleterre. «On savait qu’on devait faire ça en août et nos métabolismes de Bretons nous empêchent de supporter trop de chaleur.»

Concerné, pas engagé

Au final, le disque apparaît comme très rock. Très mature aussi. Les textes sont assez sombres et dressent un portrait critique de la société actuelle. Dans le premier morceau, «Nous y sommes», Tristan Nihouarn chante «S’il ne reste qu’un tour avant la fin de la mission / abreuvons d’amour les champs de ruines que nous laisserons.» Pour autant, il réfute le terme engagé: «Je préfère ‘concerné’. Engagé, on pense au côté politique. Et là, il y a le danger de se faire récupérer.»

Louis biocompostables

Le Chant du Gros devient de plus en plus vert. Cette année, même sa monnaie, le Louis, est écolo. Produit depuis l’an dernier en collaboration avec la société jurassienne Biwi, le Louis 2017 n’est pas seulement recyclable, mais il est carrément biocompostable! En effet, la matière plastique utilisée pour sa fabrication est issue de ressources végétales certifiées d’origine non-génétiquement modifiées. En moins de six mois, les Louis se transforment ainsi en terreau.

Les Insus, c’est Téléphone avant le portable

Ce n’était pas tout à fait guichets fermés, mais il y avait quand même beaucoup de monde devant la Sainte Scène du Chant du Gros, hier soir dès 21h30. Le concert des Insus, la dénomination 2017 du groupe reformé par trois des quatre anciens de Téléphone, est lancé.

Trente ans après sa dissolution en 1986, le groupe phare du rock français de la fin des années 70 reste toujours une valeur sûre en concert. Et même après tant d’années, le son Téléphone fonctionne toujours aussi bien sur scène. Les tubes s’égrènent. Histoire de débuter en force, ça commence avec «Crache ton venin», le titre éponyme de leur deuxième album avant de reprendre un de leurs premiers titres, «Hygiaphone».

Le début du concert se veut très rock. Et les premiers morceaux parlent surtout aux fans absolus. Ceux qui, par exemple, se souviennent encore du premier passage du groupe dans la région: c’était en 1982 au pavillon des sports de La Chaux-de-Fonds.

Il faut attendre «Argent trop cher» puis «La bombe humaine» pour que la foule puisse reprendre en chœur les chansons les plus connues. L’ambiance est chaude sous le chapiteau du Chant du Gros et les membres des Insus commencent à se lâcher et à se détendre, les vestes et les écharpes tombent.

Dehors, le froid franc-montagnard est vif, mais sur la Sainte Scène, les trois survivants de Téléphone et leur jeune acolyte bassiste Aleksander Angelov (qui a remplacé l’historique Corine Marienneau) s’éclatent dans leur show bien rodé.

Peut-être presque trop! Nicolas Willemin


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