02.08.2015, 19:02

L'héritage de mai 68 bouge encore

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A l'exemple de Nanni Moretti, le séduisant Michele Placido mène de concert une brillante carrière d'acteur et de réalisateur. Gageons qu'il partage le même avis découragé que son confrère sur le règne catastrophique de l'empereur Berlusconi, auquel il a prêté ses traits dans le prophétique «Caiman». Présenté en compétition au dernier Festival de Venise, son neuvième long métrage doit de toute évidence être considéré comme une réponse à «Sua Emittenza» qui n'a de cesse de vouloir liquider l'héritage soixante-huitard.

L'argument de «Il grande sogno» est en partie autobiographique: policier monté de ses Pouilles natales à Rome, Placido a abandonné l'uniforme pour devenir acteur de cinéma, sa véritable vocation. A considérer son «tableau de chasse» somptueux (rien moins que Bellochio, les frères Taviani, Monicelli, Amelio, Tornatore, Moretti et Cie), il ne doit pas nourrir trop de regrets!

Originaire des Pouilles, le beau et fringant Nicola (Riccardo Scarmarcio) a embrassé la carrière de policier, alors qu'il rêve d'être comédien. Nous sommes en 1968 et le milieu estudiantin est en pleine effervescence. Les supérieurs de Nicola chargent ce dernier d'infiltrer un groupe soupçonné de subversion. Jouant fort bien son rôle, l'infiltré fait la connaissance de Laura (Jasmine Trinca), étudiante issue de la bonne bourgeoisie catholique, et de Libero (Luca Argentero), porte-parole du mouvement, aux origines ouvrières…

Au fur et à mesure de ces «mauvaises» fréquentations, Nicola se sent de plus en plus en sympathie avec ces idéalistes qui rêvent d'un monde meilleur, d'autant que Laura ne lui est pas indifférente… Au-delà d'un banal triangle amoureux, Placido porte sur cette génération, aujourd'hui vilipendée, un regard complice qui ne fait jamais mystère de son parti pris, même si le «grand rêve» ne s'est pas réalisé!

Las, le cinéaste n'a pas l'ironie d'un Moretti, ni la virtuosité d'un Scorsese. «Il grande sogno» souffre de la même carence formelle que «Romanzo criminale» (2005), son film précédent. Malgré un propos qui touche par sa générosité, la mise en scène n'est pas la hauteur des ambitions de l'auteur, lequel s'en tient aux «fondamentaux» d'un honnête téléfilm! /vad


Réalisateur:
Michele Placido
Genre: Comédie dramatique
Durée: 1h41
Age: 12 ans suggéré 16
Avec: Ricardo Scamarcio, Jasmine Trinca, Laura Morante
Cinéma: Bio, Neuchâtel

L'héritage de mai 68 bouge encore


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