12.01.2018, 00:01

C’est à vous de faire l’exposition!

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 12.01.2018, 00:01 C’est à vous de faire l’exposition!

JARDIN BOTANIQUE L’accrochage s’étoffera au fil de cette année anniversaire.

La nouvelle exposition du Jardin botanique de Neuchâtel, qui s’ouvre demain, inaugure les événements liés à la célébration du 20e anniversaire de son installation sur le domaine de l’Ermitage. Elle sort de l’ordinaire. Intitulée «Objets de cultures. Ces plantes qui nous habitent», elle occupe la totalité de l’appartement du 1er étage de la villa qui abrite l’administration.

Conçue en étroite...

La nouvelle exposition du Jardin botanique de Neuchâtel, qui s’ouvre demain, inaugure les événements liés à la célébration du 20e anniversaire de son installation sur le domaine de l’Ermitage. Elle sort de l’ordinaire. Intitulée «Objets de cultures. Ces plantes qui nous habitent», elle occupe la totalité de l’appartement du 1er étage de la villa qui abrite l’administration.

Conçue en étroite collaboration avec l’association Recif, qui accueille et socialise des centaines de femmes et d’enfants migrants de tout le canton, elle se présente comme une œuvre à compléter.

«Habituellement, le vernissage marque la fin de notre travail. Cette fois, c’est à ce moment-là qu’il commencera», a plaisanté le directeur, Blaise Mullhauser. De fait, l’équipe qui a conçu l’exposition va devoir assumer le jeu qu’elle veut voir jouer au public.

Le fil rouge de l’exposition, c’est le voyage des plantes d’une partie du monde à l’autre et l’attachement particulier à une plante en lien avec une origine culturelle. La migration des plantes précède ou suit celle des hommes. Et notre monde actuel regorge de plantes ou d’éléments végétaux venus de partout.

Toute personne qui se sent concernée par cette vaste thématique est invitée à présenter un objet ou tout élément lié au règne végétal qui résonne en elle d’un écho particulier. Il ne s’agit toutefois pas d’amener un objet «nu». L’histoire du lien entre la plante ou l’objet tiré d’un végétal et la personne est primordiale. «Le don du témoignage qui accompagne l’objet est ce qu’il y a de plus précieux», résume Blaise Mulhauser.

Chaque élément de l’exposition est accompagné d’une présentation élaborée par celui ou celle qui le propose. Les femmes étrangères ont été invitées à le faire dans leur langue maternelle. A la variété des propositions végétales s’ajoute le foisonnement linguistique. Les textes principaux ont été traduits en quinze langues. Certains témoignages sont proposés sous forme de vidéo ou d’enregistrements.

«Chez moi, quand j’étais enfant, l’olivier était omniprésent», explique une femme originaire de Grèce, active au sein de Recif. Elle a proposé un panier en bois d’olivier contenant quelques feuilles du même arbre utilisées en infusion et un savon à base d’huile d’olive. «Nous étions des gens modestes, je n’avais pas de poupée, alors j’avais décidé que le petit tabouret en bois d’olivier était ma poupée, je le prenais dans mes bras et le promenais comme une poupée.»

D’autres objets sont accompagnés d’une véritable notice d’utilisation, avec des croquis et des explications sur la fabrication ou sur la manière dont l’objet est utilisé dans la famille ou la société d’origine.

Erythréenne venue en Suisse en 2012, Betiel Tekle, a présenté lors de la conférence de presse un élément de mobilier de son pays, réalisé en paille tressée et richement coloriée. «Le plateau sert de table et toute la famille se réunit autour pour manger», a-t-elle expliqué.

Des étagères vides

L’Iranienne Zara Banisadr a proposé un ensemble autour du thé. «Le thé est iranien, le samovar est russe, mais les Iraniens se le sont approprié», explique-t-elle.

Certains objets exposés proviennent de l’institution, comme le pilier de bois rond qui structure l’espace de la pièce baptisée «Espace communautaire»: c’est un tronc de palmier de Bali, lisse comme une colonne de marbre.

Pour le moment, l’exposition présente environ 80 éléments. Mais il y a de la place pour beaucoup plus. Des étagères vides de l’espace «Rêve» ou les placards de la cuisine rebaptisée «Foyer», attendent les propositions du public. Le petit coin est encore bien dégarni, comme l’espace des soins (la salle de bains), où seuls un ou deux cosmétiques exotiques sont exposés.

Directrice de l’association Recif, Nathalie Juslin a insisté sur la qualité de la démarche. La part active qu’ont prise les femmes de Recif à l’élaboration de cette exposition leur a permis de développer et d’affiner leur expression. Alors que le but était qu’elles s’expriment dans leur langue, pour éviter l’écueil de la maîtrise de la langue d’accueil, «certaines ont insisté pour écrire en français.» Quelle meilleure preuve d’intégration?

Le finissage de l’expo, prévue le 2 décembre, permettra de tirer le bilan de cette aventure.

INFO +

Plus de renseignements sur: Vernissage samedi 13 janvier, de 17h à 20h. Musique africaine, en collaboration avec l’association Recif. Tout au long de l’année, de nombreux événements sont programmés. Ils culmineront le 23 septembre lors de la fête du 20e anniversaire. Voir www.jbneuchatel.ch


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