02.08.2015, 19:03

Dangereuse évolution?

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Par DAVOS LAURENT KLEISL

La finale d'aujourd'hui sera la dernière à conclure une Coupe Spengler à cinq équipes. Dès 2010, elles seront six à s'affronter dans les montagnes grisonnes. La présence d'un second club suisse n'est pas sans causer quelques soucis.

La tradition a été sacrifiée sur l'autel du modernisme. Selon Fredi Pargätzi, responsable de l'organisation de la Coupe Spengler, le nouveau format une «nécessité». Au-delà d'une volonté sportive vierge d'arrière-pensées, c'est le sentiment d'un habile compromis politique qui prédomine. En plus d'alléger l'agenda, chargé, des équipes invitées, la présence d'un second club suisse apaisera les ennemis de la vache-à-lait du HC Davos. «Si la nouvelle formule peut nous aider à calmer le jeu, c'est très bien», susurre Pargätzi. «L'aspect politique n'est toutefois pas notre but premier. Nous pensons au sport, au spectacle que l'on veut offrir aux fans, car la venue d'une sixième équipe coûte très cher.»

Pour un club suisse en goguette dans les montagnes grisonnes, il faut compter pas loin de 150 000 fr. de frais, un coût qui peut difficilement être compensé. Même à six, la Coupe Spengler affichera toujours onze matches à son programme. Et côté sponsor, l'espace est presque saturé. La Vaillant Arena ne comptant que cinq vestiaires, l'infrastructure devra également être adaptée. «Un projet est sous toit, un projet que l'organisation devra financer», précise Pargätzi

Autre souci majeur, la sécurité. Tradition oblige, la Coupe Spengler est un havre de paix, un hymne au fair-play. Des arbitres respectés, la communion nationale derrière le HC Davos, des fans imbibés qui fêtent main dans la main: le bonheur! Or, un deuxième club suisse traînera avec lui une horde de supporters configurés en mode championnat. «C'est un danger dont nous devrons tenir compte», convient Pargätzi. «Nous ne tenons pas à ce que la violence entre dans la patinoire. Pour des raisons de sécurité, il sera important pour nous de choisir le bon club.» La désignation de l'heureux élu sera opérée après la saison en cours.

La formule à six n'est peut-être qu'une première évolution. De là à ce que la Coupe Spengler devienne un véritable championnat européen des clubs, il n'y a qu'un pas. «J'ai évoqué la question avec René Fasel ainsi qu'avec plusieurs ligues européennes, comme les Suédois, les Finlandais et les Russes», confie Pargätzi. «Nous les avons informés que si la Coupe Spengler peut être une solution pour le bien du hockey international, nous sommes ouverts à la discussion. Mais de notre côté, nous n'allons donner aucune impulsion. De toute manière, rien ne changera pour l'édition 2010.»

Une Ligue des champions à Davos entre Noël et Nouvel An? L'augure ne fait pas sauter Pargätzi au plafond. Un tournoi amical qui se fond en véritable compétition, on touche à l'essence même de la Coupe Spengler. «Peut-être que ça enlèverait un peu de piment.» Puis, il lâche: «Je ne suis pas un partisan de cette formule. Par exemple, nous devrions nous passer du Team Canada. Cette équipe est très importante, car elle attire du public de toute la Suisse. De plus, l'appellation même de Coupe Spengler et la participation du HC Davos ne sont pas négociables. C'est une question d'identité.» La coutume des renforts de circonstance, également, devrait être abandonnée.

«Je ne crois pas que le système actuel est près de changer…», conclut Pargätzi. Vœu pieux ou certitude? /LKL

Bienvenue au Cory Pecker show!

La Coupe Spengler, ce n'est pas scoop, profite d'une audience télévisuelle internationale. Outre-Atlantique, c'est le réseau privé Rogers Sportsnet qui assure les retransmissions. Malgré le décalage horaire, les directs attirent près de 200 000 pèlerins à chaque apparition du Team Canada. Lundi soir, lors du choc face au HC Davos, un pic d'audience a été localisé à Montréal. Normal, c'était la «première» de Cory Pecker (27 ans) dans le tournoi. «Toute ma famille était derrière la télévision», s'illumine l'attaquant du HC Viège. «Comme je connais le présentateur du réseau, on s'est arrangé. A la première pause, il m'a interviewé en direct!»

C'est qu'à Davos, Pecker est presque un cas à part. Avec son compatriote Blaine Down (GCK Lions), il défend l'honneur de la LNB. «En acceptant ma sélection, je n'avais même pas la certitude de disputer un match», confie-t-il. Pourtant, il est là, Cory. Après 2006, il vit son deuxième tournoi grison. Et il a tout sacrifié pour être de la partie, dont deux rencontres de son HC Viège. Dimanche, alors que ses fiers Haut-Valaisans affrontaient Sierre, Pecker a suivi de la tribune la victoire du Team Canada devant Karlovy Vary. Enervant. «Avant de partir pour Davos, j'avais demandé l'autorisation de disputer le derby, mais le Team Canada a refusé. L'équipe doit se tenir ensemble durant tout le tournoi.» Une question de respect. «Quand j'ai vu que Viège avait battu Sierre, cela a été un grand soulagement. En plus, Tom Rüfenacht a marqué. C'est moi qui l'ai appelé pour qu'il me remplace...»

Les paillettes davosiennes oubliées, Pecker retrouvera l'anonymat de la LNB. Lui, l'attaquant qui pèse près de 2,6 points par match dans la petite ligue. «Avant de m'engager à Viège, j'avais discuté avec une équipe de bas de tableau de LNA. Mais ce n'était pas forcément une bonne opportunité.» L'élite, pour la rejoindre, il a un truc. Ou plutôt, il a Elise, sa Sierroise. «Je lui ai dit que l'on devrait se marier», se poile-t-il. «Comme ça, j'obtiens le passeport suisse et je peux jouer en LNA!» Un romantique, Cory… /lkl

Ce qu'il faut savoir

Rappel La Coupe Spengler dans un format à cinq équipes existe depuis 1969. Depuis 1986, une finale est disputée le 31 décembre à midi. Dès 2010, le tournoi accueillera six formations réparties dans deux poules. En plus du HC Davos, un deuxième club de LNA sera convié.

Avec quelle équipe de LNA? Tant que la question de l'organisation d'une Ligue des champions en 2010 n'est pas tranchée, les pronostics sont vains. Si l'IIHF parvient à organiser son tournoi, le champion de Suisse et le vainqueur de la saison régulière ne pourront être concernés par la Coupe Spengler. Mais l'opération séduction a déjà commencé. Chris McSorley et Louis Christoffel, respectivement entraîneur et directeur de Genève Servette, n'ont pas fait l'économie des courbettes cette semaine à Davos.

Quelques chiffres Avec une formule à six, le budget du tournoi gonflera de 8,5 à 9 millions. Pour séduire les plus grands clubs du continent, le total des primes allouées passera de 400 000 fr. à 1 million. Aujourd'hui, le vainqueur de la poule qualificative empoche 120 000 fr., 50 000 fr. supplémentaires étant versés au gagnant de la finale. Dès l'année prochaine, le récipiendaire du trophée empochera 300 000 fr. Deux millions de bénéfice devraient toujours atterrir dans les caisses du HC Davos. /lkl

Corps arbitral au paradis

Sur la glace de la Vaillant Arena, l'attitude des acteurs est en parfaite osmose avec les valeurs pures de sportivité. Presque un idéal olympique. Juge de ligne pour la deuxième fois à Davos, le Prévôtois Nicolas Fluri (25 ans) partage cette félicité avec les joueurs. «On les sent beaucoup moins sous pression qu'en championnat», raconte le plus jeune membre du corps arbitral de Ligue nationale. «Quand une décision est litigieuse, personne ne vient protester, au contraire de ce qui se passe en championnat. A la Coupe Spengler, l'arbitre a le bénéfice du doute. Pour nous aussi, cela enlève pas mal de pression.»

A Davos, pas un sifflet ne s'arrache des tribunes dans les moments chauds. C'est aussi ça, la Coupe Spengler. «Il faut vraiment faire une énorme erreur pour provoquer une réaction», reprend Fluri, juge de ligne en LNA depuis 2006. «Nous ne sommes pas dans le même contexte qu'en championnat, le public étant avant tout constitué d'amoureux du hockey. Cette décontraction n'empêche pas la concentration, car l'arbitre occupe un rôle important. Il ne doit pas ternir le spectacle à cause de mauvaises décisions.» Etudiant en droit à l'Université de Neuchâtel, Fluri a été désigné pour siffler, en avril, aux prochains Mondiaux M18 à Minsk.. Hier après-midi, il a assisté Roland Stalder lors de Dynamo Minsk - Team Canada. C'était le dernier match du Lyssois dans le cadre d'une Coupe Spengler. /lkl


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