Eclairage
 13.11.2019, 17:00

Eclairage: «L’Irak, la cause des fractures de l’Union européenne?»

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Tony Blair, s’il n’avait pas soutenu l’invasion de l’Irak en 2003, serait devenu président de l’Union européenne six ans plus tard.

Histoire Nos journalistes mettent en perspective des sujets d’actualité régionale, sportive, nationale ou internationale avec des analyses ou des éclairages. Aujourd’hui, Daniel Droz évoque les conséquences de l’invasion de l’Irak, en 2003, sur les relations au sein de l’Union européenne.

L’Irak est-il la cause des fractures politiques en Europe? Le Britannique Peter Mandelson, ancien ministre et commissaire européen, confie au quotidien français «Le Monde», que c’est seulement aujourd’hui qu’il mesure à quel point l’invasion de ce pays en 2003 et le renversement de Saddam Hussein a empoisonné l’Union européenne (UE).

A cette époque, Londres, Rome et Madrid, entre autres, appuient la stratégie militaire des Etats-Unis. Paris et Berlin la rejettent. Cette division tombe au plus mauvais moment. Alors, l’UE réforme ses structures et doit gérer son élargissement à l’Est.

«L’Irak a privé Blair de la présidence de l’UE», renchérit Peter Mandelson dans «Le Monde». «Après le traité de Lisbonne, il était entendu entre Merkel et Sarkozy que Tony Blair – qui avait quitté la politique britannique la même année, en 2007 – serait le premier président de cette Union modifiée, en 2009. Mais les conséquences de la rupture sur l’Irak étaient encore trop fortes. Les choses seraient sans doute très différentes aujourd’hui si Blair avait pu présider l’UE.»
 

Ne nous y trompons pas. L’Irak n’est pas la cause du Brexit.

Il est impossible de réécrire l’Histoire. On ose toutefois imaginer que l’ancien premier ministre du Royaume-Uni aurait été un défenseur efficace de la cause européenne en Grande-Bretagne. Peut-être aurait-il également pu empêcher David Cameron, locataire du 10 Downing Street, de lancer un référendum suicidaire pour de basses raisons politiques?

Ne nous y trompons pas. L’Irak n’est pas la cause du Brexit. Celle-ci est à chercher ailleurs.

En 2003, l’Irak a aussi mis en exergue un fossé qui semble aujourd’hui s’élargir encore. Alors qu’ils n’étaient pas encore membres de l’UE, les pays de l’Est ont soutenu sans réserve les Etats-Unis. Cet appui trouve sa source dans l’effondrement du bloc soviétique à partir de 1989. Les nouvelles démocraties – Pologne, Hongrie et République tchèque en tête – ont toujours considéré qu’elles devaient leur liberté à Washington.

Le ton n’a pas changé. L’UE, qui a permis le développement économique de ses nouveaux membres, n’est pas appréciée à sa juste valeur à l’Est.

Samedi dernier, Berlin célébrait les 30 ans de la chute du Mur, un événement dont on peut toujours se réjouir. Par contre, ses conséquences sont loin des espoirs fondés à l’époque. Chacun évoquait un nouvel ordre mondial, mais pas celui qui règne en 2019.


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